Le Cameroun doit ratifier la Convention sur les travailleurs migrants

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Monsieur le Président,
À l’occasion du 20ème anniversaire de la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille (Convention sur les travailleurs migrants), une campagne mondiale a été lancée appelant les gouvernements à agir immédiatement pour mettre fin aux violations des droits humains des migrants à travers le monde, en ratifiant cette Convention.

À ce jour, le Cameroun n’a toujours pas ratifié cet instrument central de protection des droits humains. Aujourd’hui, nous appelons votre gouvernement à ratifier cette Convention et démontrer ainsi votre engagement à mettre fin aux abus envers les migrants en protégeant leurs droits humains.

En 2010 il est estimé que 214 millions de personnes sont des migrants, soit plus de 3 pourcent de la population mondiale. Presque tous les Etats du monde sont touchés par les migrations, en tant que pays d’origine, de destination ou de transit des migrants, et ainsi doivent faire face au défi que représente le développement de politiques migratoires efficaces fondées sur le respect des droits humains.
Le Cameroun est un pays de départ mais aussi un pays d’arrivée pour les travailleurs migrants qualifiés ou non-qualifiés. Alors qu’un nombre croissant de Camerounais émigrent vers les pays voisins et au-delà, en Europe et aux Etats-Unis, la stabilité politique et socio-économique demeure particulièrement attractive pour les migrants des pays voisins comme la République centrafricaine, le Tchad, la Guinée équatoriale et le Nigéria. Par ailleurs, les envois de fonds sont essentiels à l’économie du Cameroun.

Bien que pour nombre d’individus migrer soit une expérience positive, pour bien d’autres la migration se fait sous la contrainte et entraîne de nombreuses épreuves dans le pays de destination. Les travailleurs migrants, dans le monde entier, demeurent victimes de toutes sortes d’abus, de discriminations et d’exploitation de la part de passeurs, d’agents de recrutement, ou d’employeurs. Cependant, un instrument juridique est à la disposition de votre gouvernement pour éliminer ces violations, améliorer les conditions de vie et de travail des migrants et renforcer la protection de leurs droits.

Depuis son adoption par l’Assemblée générale des Nations Unies le 18 décembre 1990, la Convention sur les travailleurs migrants a été ratifiée par 42 Etats. De plus, 16 Etats l’ont signée.
La Convention reconnaît la vulnérabilité particulière des travailleurs migrants et promeut des conditions humaines et légales de travail et de vie, ainsi que la nécessité d’une protection renforcée. Elle établit un cadre pour l’élaboration de politiques migratoires nationales, qui ne peuvent être efficaces que lorsqu’elles sont fondées sur les droits humains et le principe de légalité. La Convention met en place des dispositions visant à combattre l’exploitation des travailleurs migrants et des membres de leur famille, dans les pays d’arrivée, de transit et de destination des migrants.

La décision du Cameroun de signer la Convention le 15 Décembre 2009 est encourageante. Nous exhortons maintenant le gouvernement du Cameroun à saisir l’occasion du 20ème anniversaire en ratifiant la Convention sur les travailleurs migrants et à envoyer ainsi un signal fort de sa volonté de protéger les droits fondamentaux des travailleurs migrants. Nous espérons fortement que le 18 décembre 2010, nous pourrons célébrer également la ratification de la Convention par le Cameroun.
Dans l’attente de votre réponse, veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos sentiments les meilleurs.

Respectueusement,

Souhayr Belhassen, Présidente de la FIDH
Au nom du Comité de pilotage international de la campagne

Souce: Hactivist News Service, www.hns-info.net

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Décembre 18: Centre international de plaidoyer et de ressources sur les droits humains des travailleurs migrants.

Décembre 18 est une ONG dotée du statut consultatif spécial auprès du Conseil économique et social des Nations Unies

Le soutien financier aux frais de fonctionnement vient de Inter Pares (Canada) et Oxfam-Novib (Pays-Bas).

D'autres bailleurs de fonds fournissent occasionnellement un appui pour des projets spécifiques. Vous pouvez nous aider en devenant bénévole ou en faisant un don en espèces.